Vous avez demandé trois devis pour votre extension. Le premier est à 62 000 €, le deuxième à 78 000 €, le troisième à 95 000 €. Le moins cher est-il une bonne affaire ou un chantier qui va déraper ? Sans base commune, impossible de le savoir : chaque entreprise a chiffré son interprétation de votre projet.
Pourquoi les devis ne sont pas comparables
Sans descriptif précis, chaque artisan décide seul de ce qu'il inclut : la nature des fondations, l'épaisseur de l'isolant, la gamme des menuiseries, les finitions, l'évacuation des gravats, le raccordement des réseaux. Le devis à 62 000 € a peut-être oublié la reprise de la toiture existante ; celui à 95 000 € a peut-être prévu des menuiseries aluminium haut de gamme que vous n'avez pas demandées.
Le dossier de consultation des entreprises
Le DCE règle le problème à la source : il décrit chaque ouvrage, lot par lot, avec ses quantités et ses caractéristiques. Les entreprises remplissent un cadre de devis identique (la DPGF). Vous comparez alors des prix unitaires et des totaux sur un périmètre strictement identique, et vous disposez d'une pièce contractuelle qui précise ce qui a été commandé.
Les points à vérifier dans un devis
- Le périmètre : chaque ouvrage du descriptif est-il chiffré ? Un poste absent n'est pas une économie, c'est un supplément à venir.
- Les quantités : sont-elles cohérentes avec le métré ? Un écart de 20 % sur les mètres carrés de carrelage est fréquent.
- Les marques et références : « menuiseries PVC double vitrage » ne veut rien dire ; il faut la performance (Uw), le type de vitrage, la marque ou l'équivalent.
- Les prestations annexes : nettoyage, évacuation des déchets, protection de l'existant, location de benne et d'échafaudage.
- Les conditions : délai, acompte, échéancier de paiement, révision de prix, retenue de garantie.
- Les assurances : attestation de responsabilité décennale en cours de validité, couvrant l'activité concernée.
Les erreurs classiques
- Choisir le devis le moins cher sans vérifier le périmètre.
- Signer un devis « global » sans détail par ouvrage, qui rend impossible tout contrôle en cours de chantier.
- Accepter un acompte supérieur à 30 % avant le début des travaux.
- Ne pas prévoir les imprévus : dans l'ancien, réservez 10 à 15 % du budget pour les surprises.
L'analyse des devis par un professionnel
L'assistance au maître d'ouvrage comprend l'analyse comparative des devis sur la base du DCE : un tableau qui met en regard chaque poste, repère les oublis et les écarts, et vous donne les éléments pour négocier et choisir. C'est souvent la prestation la plus rentable d'un projet, parce qu'elle se paie sur les écarts qu'elle fait apparaître.
Cet article donne les règles générales.
Chaque commune, chaque parcelle et chaque maison ont leurs particularités. Pour une réponse sur votre projet, un appel suffit.